Ce thème a fait le sujet d’une série de cours pour les élèves de la 6ième année option langues. Ils ont essayé de se mettre à la place de gens qui vivent quotidiennement avec un handicap, quel qu’il soit.

 

1) D’abord ils ont fait la connaissance de deux films français dans lesquels il y a des rencontres inattendues et surprenantes, à chaque fois avec des personnes qui souffrent d’un handicap. Ils se sont surtout penchés sur l’analyse de l’influence de ces handicaps sur les relations humaines. Il s’agit de « De Rouille et d’Os » et d’ « Intouchables ».

De Rouille et d'Os          Intouchables

 

2) Ils sont entrés dans la peau d’un handicapé en lisant des articles et en écoutant des reportages sur le site handicaps.fr. Voici les rapports qu’ils ont écrits là-dessus.

Rapports www.handicap.fr

 

3) Ils sont allés plus loin en s’engageant à vivre une journée entière avec un certain handicap. Quelqu’un a mis des boules quiès pour simuler d’être malentendant / sourd. Un autre élève s’est bandé les yeux pour éprouver comment est la vie d’un aveugle. Un troisième élève a décidé de se taire toute la journée, pour ressentir ce que vit une personne muette. Il y avait aussi un élève qui n’a utilisé qu’un seul bras, comme si son autre bras était amputé. Un élève malvoyant a décidé de laisser ses lunettes à la maison, limitant sa vue. Le dernier élève a choisi de passer la journée dans une chaise roulante, comme s’il avait les jambes paralysés.

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Curieux de savoir comment ils ont vécu cette expérience ? Lisez !

Céline :

Vendredi le 18 mars, j’étais handicapée pour une journée. Je ne pouvais pas porter mes lunettes. Ce n’était pas facile, parce que tout était très trouble. Je ne reconnais pas les visages des gens et c’était difficile d’estimer les distances par exemple. Lire ce qui était écrit au tableau était impossible.  Nous devions aider notre professeur monsieur Degryse à tout préparer pour la soirée MSKA Comedy. Monter sur des échelles et classer des boissons et des verres au réfectoire  … ce n’était pas facile sans lunettes !

Maintenant je comprends pourquoi les gens handicapés sont parfois un peu frustrés. Avant leur handicap, ils avaient le luxe d’être capables de voir ou entendre. D’un jour à l’autre, ils sont handicapés à cause de n’importe quoi et c’est une tache énormément difficile de s’adapter. Pour moi, si cela devenait trop frustrant, je pouvais mettre mes lunettes, mais pour ces gens, ce n’est pas possible. En plus, leur handicap n’est pas toujours visible pour les autres, ce qui leur donne souvent le sentiment qu’ils ne sont pas toujours compris.

Hope :

Au début de la journée, j'étais super excitée d’entrer dans la peau d’une personne handicapée, mais j'étais aussi très heureuse de voir la fin de cette petite expérience. C’était très fatigant et difficile pour moi. Le matin, j’étais muette. L’après-midi, j'étais assise dans un fauteuil roulant.

Commençons par mon expérience comme muette. Comme je l'ai déjà dit, j’étais très enthousiaste au début et j’ai persisté les premières heures, mais après j’étais vraiment embêtée par la situation. Tout le monde me posait des questions, mais je ne pouvais pas répondre.

Quand je devais changer de rôle et m’installer dans le fauteuil roulant, je pensais que le pire était derrière moi. Mais non … . Tout le monde s’amusait à me pousser, mais je n'aimais pas du tout. Ils se moquaient de moi. C’était terrible.

Maintenant j’apprécie plus le bonheur d’être en bonne santé et j’ai plus de respect pour ceux qui doivent vivre avec un handicap jour après jour.

C’était une expérience enrichissante qui m’a montré l’importance de soins spécifiques et bien organisés pour ceux qui souffrent d’un handicap.

Ivan :

Moi, je ne pouvais pas utiliser mon bras droit. Je suis droitier, cela posait donc beaucoup de problèmes. Comment écrire par exemple ? Maintenant, je pouvais demander les notes de mes compagnons de classe, mais si c’était une situation réelle, je devrais apprendre à écrire de la main gauche. Comme je suis impatient de nature, j’avais du mal à accepter que tout allait beaucoup plus lentement que d’habitude. J’avais le sentiment de perdre du temps. Heureusement, mon handicap n’était pas aussi grave que celui de mes camarades, ce qui m’a forcé à relativiser les choses. Je pouvais tout entendre, tout voir, donc apprendre des choses à l’école. Je peux conclure que c’était une situation désagréable, mais certainement pas la fin du monde.

Maria :

Pour moi, c’était très difficile de passer une journée comme aveugle. J’avais beaucoup de difficultés à m’orienter, à marcher, à savoir qui était devant moi, … . Heureusement, mes camarades de classe m’ont beaucoup aidée. Je ne pouvais rien faire en classe,  ce qui le rendait complètement impossible d’apprendre des choses. Cela demanderait beaucoup de mesures spéciales si l’on voulait accueillir des élèves aveugles dans notre école. Je ne parle pas seulement du côté matériel. Les profs et les élèves devraient aussi suivre une formation pour qu’ils sachent bien comment aider. Evidemment, je n’ai pas vu les réactions des autres, mais je peux m’imaginer qu’ils ont froncé les sourcils en me voyant, les yeux bandés.  Pour conclure, cela me semble très important d’avoir un compagnon fiable qui vous aide en tant qu’aveugle et je suis très heureuse que je ne souffre pas de cet handicap dans la vie réelle.

Marina :

Pour le cours de français, nous devions vivre avec un handicap pour une journée. Le but ? Comprendre comment se sent une personne invalide dans un monde de valides.
J’étais sourde toute la journée et j’ai remarqué des choses positives, mais aussi des choses négatives. Je portais des bouchons d´oreille, donc je n’étais pas complètement sourde.
Le matin, je suis arrivée à l’école et au début personne  n’a remarqué que je n’entendais pas bien. En classe d’allemand, la prof a essayé d’expliquer certaines choses, mais je ne pouvais pas suivre. Heureusement, elle a noté les choses les plus importantes au tableau. Les autres profs ont aussi fait de leur mieux pour que je les comprenne et mes camarades de classe m’ont beaucoup aidée. Quand je n’arrivais vraiment pas à comprendre, ils l’écrivaient sur une  feuille. Il y avait aussi des élèves qui ont commencé à se moquer de moi. Ce n’était pas agréable. Je pense qu’il serait en tout cas très difficile d’avoir des élèves sourds parmi nous, ici à l’école.

Paula :

Passer une demi-journée dans un fauteuil roulant et entrer dans la peau d’une personne muette … pour quelqu’un qui aime bouger et parler, c’est un vrai défi.

Lorsque j’étais dans une chaise roulante, certains amis m’ont aidée, d’autres m’ont harcelée. Ce n’était pas facile de me déplacer parce qu’il y avait beaucoup d’obstacles à l’école. Evidemment, les escaliers posaient problème, heureusement il y avait un ascenseur. Mais entrer dans la peau d’une muette était encore plus difficile, même impossible pour moi. J’ai même dû utiliser du ruban adhésif.

 

4) Ils ont regardé des exemples d’affiches de campagnes de sensibilisation et ils en ont fait leur propre version. Vous savez … ce qu’on fait soi-même est mieux fait. 😉 Voici le résultat.

Campagne handicap Celine et Marina

Campagne handicap Hope et Ivan

Campagne handicap Paula et Maria

 

5) Finalement, ils se sont penchés sur la question s’il est vraiment possible d’inclure des élèves avec toutes sortes d’handicaps à notre école, comme le prescrit le décret m. Voici leur conclusion.

 

Un enseignement inclusif pour tous, jusqu’à un certain degré c’est possible, mais cela demande certainement des efforts supplémentaires de la part de la direction des écoles, des professeurs et des autres élèves.

 

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